Prochainement à Cinémolette

Cinémolette, un cinéma de village animé et proposé par des cinéphiles bénévoles de St-Julien-Molin-Molette. Les séances ont lieu dans la salle municipale La Passerelle.

  • Leurs champs du cœur

    Vendredi 9 octobre 20h30

    En partenariat avec Vent de bio, en préambule à la 10ème Foire bio de Pélussin qui aura lieu le dimanche 11, film suivi d’un échange et du verre de l’amitié offert par Vent de bio

    Documentaire de Mickaël Denis-Shi

    Durée : 1h18

    Comment assurer une production alimentaire de qualité, rémunératrice pour ceux qui la produisent et accessible au plus grand nombre ? C’est cette question insoluble qui sert de point de départ à un tour de France de 15 agriculteurs qui nous parlent de leurs galères, des solutions possibles, de la beauté du métier aussi. A cœurs ouverts, ils nous livrent des témoignages sincères, touchants, qui donnent envie de se mettre en mouvement pour, collectivement, améliorer notre manière de nous nourrir. Comment assurer une production alimentaire de qualité, rémunératrice pour ceux qui la produisent et accessible au plus grand nombre ? Un tour de France de 15 agriculteurs qui nous parlent, à cœurs ouverts, de leurs galères, des solutions possibles, de la beauté du métier aussi.

    Manger est une chose tellement banale que l’on ne se rend même plus compte de ce qu’implique la production de notre alimentation. Pourtant l’agriculture est devenue la première cause de disparition des espèces sauvages et le système agro-alimentaire, la première source d’émissions de gaz à effet de serre. Face à ces constats écrasants, certains tentent de nous nourrir en coopération avec le vivant. Ces exemples, qui représentent bien peu à l’échelle globale, sont-ils la preuve qu’une autre voie est possible ? Est-il réaliste d’attendre des agriculteurs qu’ils changent radicalement leurs pratiques alors qu’ils peinent à vivre de leur métier et qu’ils sont acculés par un amas administratif et réglementaire ? Devant ces enjeux complexes, on entend trop peu la parole des premiers concernés. Voici donc un documentaire qui leur donne enfin la parole. Mickaël Denis a su recueillir des témoignages variés à travers la France métropolitaine pour en faire un documentaire particulièrement touchant. De nombreuses problématiques sont traitées de manière très pédagogique, allant de la PAC à la santé en passant par la consommation et la vente directe. Leurs champs du cœur permet d’identifier clairement le rôle des consommateurs et consommatrices, des citoyens et citoyennes et des politiques publiques pour une meilleure reconnaissance de l’utilité sociale des agriculteurs et agricultrices et pour tendre vers des modes de production et de consommation plus durables…

  • Shaun le mouton : La bêêête d’Halloween

    Mardi 20 octobre 14h30

    En avant-première, dans le cadre du festival jeune public « Des Toiles plein les yeux », tarif unique 4€, film suivi d’un goûter offert par le cinéma Le Foyer

    Film d’animation (aventure, comédie, famille) de Steve Cox et Matthew Walker

    Durée : 1h20

    À Halloween, les habitants de la ferme de Mossy Bottom se réjouissent des festivités, jusqu’à ce que le Fermier maladroit saccage les citrouilles bien-aimées du troupeau. Lorsque Shaun se transforme en scientifique fou pour résoudre le problème, les choses dérapent : le Fermier disparaît et une bête sauvage rôde dans les bois.

  • La frappe

    Vendredi 23 octobre 20h30

    Drame de Julien Gaspar-Oliveri, avec Diego Murgia, Bastien Bouillon, Romane Fringeli

    Durée : 1h46 – Tout public avec avertissement

    Enzo, 19 ans et sa soeur Carla, 20 ans, sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony, est libéré de prison, Enzo voit la promesse fragile d’une famille à reconstruire contrairement à Carla pour qui l’idée reste inconcevable. Rattrapé par son passé, Enzo doit se confronter à une vérité qu’il a trop longtemps gardée pour lui.

    Après une mini-série remarquée, « Ceux qui rougissent », et plusieurs pièces dont « La Gueule ouverte », déjà consacrée au thème de l’inceste, La Frappe est le premier long-métrage de Julien Gaspar-Oliveri. Si le sujet est autobiographique, l’histoire, elle, ne l’est pas, ce qui lui permet à la fois une proximité et une certaine distance avec ses personnages, et de toucher au cœur des conséquences à l’âge adulte des violences sexuelles intrafamiliales. Rarement, voire jamais, n’a été abordé avec autant de force et d’acuité ce qu’il advient de l’amour filial après un tel traumatisme. À sa manière — naturaliste, fiévreuse, caméra tremblée, gros plans aimantés par les peaux, têtes scalpées par le cadre —, Julien Gaspar-Oliveri s’empare d’un sujet, pour livrer l’inverse d’un « film à sujet ». Gestes, regards et silences à l’appui, il montre que rien de solide ne se bâtit sur des ruines. Bastien Bouillon est impeccable dans le rôle du père, séducteur, sympathique et à la personnalité envahissante, dominante, inquiétante. Diego Murgia et Romane Fringeli sont extraordinaires dans le rôle des jeunes adultes. Julien Gaspar-Oliveri filme au plus près les sentiments contradictoires, la violence des émotions quand ce qui était caché surgit brutalement. Un premier film d’une grande justesse et bouleversant.

  • Notre salut

    Dimanche 25 octobre 15h

    Séance suivie d’une discussion et proposée dans le cadre du F.R.I.G.O, le Festival des Résistances aux Idées Gravement Oppressives, festival local, antifasciste et solidaire.

    Drame historique de Emmanuel Marre, avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit

    Durée : 2h39

    Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle… lui.

    C’est un film magistral. Aussi séduisant et déroutant dans sa forme épurée que résolument implacable dans son propos, cinglant. « Notre salut » est reparti du Festival de Cannes avec le Prix du scénario, mais il mériterait aussi la Palme du « film plus que nécessaire : indispensable ! » Parce que Swann Arlaud, parce que brillant, parce que terriblement d’actualité dans notre époque orwellienne où le confusionnisme semble devenu la norme et où notre Histoire récente (et singulièrement ses « heures les plus sombres ») est réécrite, toute honte bue, par les apologues du fascisme renaissant… Alors que la vieille Europe frémit sous le bruit des bottes, que les conflits sont de moins en moins larvés, « Notre salut » vient interroger nos silences, notre docilité face aux courants hégémoniques qui montent, face à ces milliardaires qui grignotent à bas bruit nos espaces d’expression, de libertés collectives, nos richesses humaines, notre monde. On pense forcément aux empires politico-financiers de Vincent Bolloré, Rodolphe Saadé, Mark Zuckerberg, Elon Musk… à tous ceux qui, dans leur ombre, petites mains obligeantes, préparent le terrain, posent les premiers jalons du totalitarisme en marche. Tout comme d’aucuns le firent en 1940, quand se mit en place le régime de Pétain – là où débute cette histoire. Le crédo de cet Henri Marre ? Gagner en efficacité, appliquer les méthodes du fayolisme (pendant français du taylorisme) pour redresser la France au sortir de la débâcle… Comme tous les plus ou moins jeunes loups qui gravitent aux portes du pouvoir, néolibéraux avant l’heure, il n’est pas très regardant sur les conséquences sociales des politiques à mettre en place. Seuls comptent les chiffres, les résultats, le rendement… En bon petit soldat du système obnubilé par sa survie sociale, le « bon » père de famille, loin des siens, avance ses pions, indifférent au reste du monde. Dans le fond, ce « Monsieur Henri », familier, banal, tend un miroir sans concession à notre époque… Vous l’aurez noté : cet anti-héros porte le même patronyme que le réalisateur, et cela ne tient pas du hasard. Emmanuel Marre puise dans sa propre histoire familiale, celle de ses arrière-grands parents, pour traquer les zones d’ombre de notre récit national. Pour précisément gratter là où les histoires intimes ont été occultées par la grande Histoire. C’est du grand cinéma, qui remet les pendules à l’heure, sans faux semblants. Continuellement inventif, il fait une force de sa fragile économie, se joue des anachronismes pour mieux bousculer le confortable recul historique de son évocation du fascisme quotidien… Indispensable à l’heure où refleurissent mine de rien les slogans collaborationnistes : « Travail, Famille, Patrie ». Un film lumineux et sombre qui claque comme une évidence et permet de décrypter notre époque, la remettre dans une perspective globale. À Cannes, au bout de l’interminable ovation qui suivit la présentation de son film, on vit Emmanuel Marre, ému mais d’une singulière gravité, asséner par deux fois : « plus jamais ça ». On ne saurait mieux dire.

  • Fini de rire ! L’humour politique au garde-à-vous ?

    Mardi 10 novembre 20h30

    Séance suivie d’un échange en visio avec Jean-Baptiste Rivoire et proposée dans le cadre du F.R.I.G.O, le Festival des Résistances aux Idées Gravement Oppressives, festival local, antifasciste et solidaire.

    Une enquête OFF INVESTIGATION de Jean-Baptiste Rivoire réalisée par Matéo Larroque, Clara Menais et Mila Branco, avec Guillaume Meurice, Lionel Dutemple, Sandrine Alexi

    Durée : 1h37

    En France, rire des puissants est devenu un sport à risque. En trente ans, les humoristes les plus libres de la télévision et de la radio ont été méthodiquement neutralisés, marginalisés, censurés, voire virés. Dans l’audiovisuel public comme dans les médias privés, le même mécanisme se répète : on tolère la satire tant qu’elle ne mord pas. Dès qu’elle touche au pouvoir, on coupe le micro. Des plateaux de Canal+ aux studios de France Inter en passant par les couloirs de France Télévisions, du règne de Nicolas Sarkozy à celui d’Emmanuel Macron, ce documentaire retrace la mécanique d’une mise au silence qui en dit long sur l’état réel de la liberté d’expression dans l’audiovisuel français.